Séminaire Général du CASE – Alexandra de Mersan & Stephen Huard – jeudi 18 mai – Maison de l’Asie – 9h30-12h30

18 mai 2017 – 9h30-12h30 – Maison de l’Asie – Grand Salon – 22 avenue du Président Wilson – 75016 Paris

bandeauhaut sem CaseAlexandra de Mersan, INALCO, CASE

Légitimation des élites politiques contemporaines d’Arakan (Birmanie)

Les élections parlementaires de 2010 en Birmanie instaurent une nouvelle ère avec une première classe d’élus qui, hormis les militaires, n’a jamais eu l’occasion d’exercer le pouvoir ni de participer à la vie politique. De quelle culture politique disposent les nouveaux partis et leurs membres élus ? Sur quelles formes d’organisation s’appuient-ils ? A quelles traditions politiques ou formes d’engagement se réfèrent-ils ? Novice en matière d’expérience effective du pouvoir politique, comment en conçoit-on et en apprend-on l’exercice? En somme, comment devient-on député, par quels mécanismes et en mobilisant quelles ressources ? Cette présentation portera sur l’émergence d’une classe politique dans une région de Birmanie, l’Etat d’Arakan, traversée à la même époque par des violences intercommunautaires entre bouddhistes et musulmans.

 

Stephen Huard, University of East Anglia, Norwich

La légitimation des grands hommes en Birmanie centrale.
Affaires villageoises et relations de pouvoir dans un contexte bouddhique

 

Cette présentation s’attaque à une question centrale portant sur la fabrique des rapports de pouvoir à GawGyi, un village de Birmanie centrale. En effet, entre le chef de village – intermédiaire entre le gouvernement et les villageois – et le moine en charge du monastère, quelques personnes prennent en charge ce que l’on peut appeler les affaires villageoises. Ces affaires sont aussi diverses que l’organisation du bon déroulement des cérémonies de donation, des mariages, des funérailles, la mise en œuvre des projets de développement (accès à l’eau, à l’électricité), la réparation des routes, la collecte des remboursements d’emprunts, etc. Localement, les personnes prenant en charge les affaires villageoises sont appelées lu-gyi. Pour comprendre pourquoi ces personnes et leur autorité sont légitimes il faut tout d’abord repenser le modèle d’explication du pouvoir par le mérite. Prendre le village dans son épaisseur historique et comme échelle d’analyse permet de voir comment la fabrique d’une donation méritoire (initiation bouddhique) repose sur une organisation collective. Enfin, suivre la trajectoire d’un lu-gyi permettra de voir comment l’autorité se construit dans le temps, en contexte, en actualisant une éthique bouddhique et en se dégageant des redevabilités clientélistes. Cette perspective appelle à interroger la « sociabilité » locale (lu-hmu-yé) comme champ politique où l’engagement, la morale et la pérennisation des rapports sociaux sont centraux.

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