« Les communs fonciers travaillés par le numérique, approche par les conflits » organisé dans les cadre des ateliers « Passages en communs » jeudi 10 novembre, de 8h30 à 13h Maison des Suds

Les communs fonciers travaillés par le numérique, approche par les conflits » organisé dans les cadre des ateliers « Passages en communs » de l’UMR Passages. Il portera en grande partie sur l’exemple du Cambodge.
Il aura lieu ce jeudi 10 novembre, de 8h30 à 13h dans la salle des Stages de la Maison des Suds.
Il a pour objectif de susciter des discussions autour des dynamiques de production de « nouveaux » communs fonciers dans le contexte d’imposition croissante de la propriété privée et de mobilisation d’Internet.
8h30 Accueil
9h Introduction – Les communs fonciers
travaillés par le numérique
Marie Mellac et Damien Costa Dos Santos
9h30 La gestion des ressources halieutiques au
prisme des communs au Cambodge
Jean-Christophe Diepart et Il Oeur
11h00 L’expérience du Land Portal
Neil Sorensen
12h00 Le rôle du numérique dans la dynamique des
conflits fonciers au Cambodge
Marie Mellac et Jean-Christophe Diepart
Discussion – Irène Hirt
Argumentaire
Ce séminaire de l’atelier « Passages en communs » a pour objectif de
susciter des discussions autour des dynamiques de production de
« nouveaux » communs fonciers dans le contexte d’imposition croissante de
la propriété foncière privée et de mobilisation d’Internet. Depuis la crise
alimentaire de 2007-2008 qui a mis en lumière et a largement contribué au
développement des appropriations de terres à grande échelle, le foncier,
oublié depuis les réformes agraires des années 1960-70, est redevenu une
question de société. Il suscite des recherches, alimente des débats et
mobilise un nombre croissant d’acteurs (OI, ONG internationales et locales,
presse, associations, gouvernements, activistes etc.) qui mobilisent très
largement internet. Certains, comme le Land Portal ou la Land Matrix,
produisent de l’information et favorisent échanges, circulations et mises
en réseau au niveau mondial. Les technologies de l’internet non seulement
accroissent les échanges mais permettent aussi de nouvelles formes de
production de connaissances qui modifient les pratiques et bousculent les
échelles d’action.
Cette dynamique autour du foncier est d’autant plus importante sur certains
territoires qu’y coexistent encore différentes formes d’appropriation de la
terre et par là différentes modalités de production de l’espace. Ainsi la
propriété privée qui est le mode d’appropriation très largement dominant
aujourd’hui dans le monde, va de pair avec une représentation géométrique
de l’espace, matérialisée par le cadastre et placée sous le monopole
étatique. Cet espace qualifié d’abstrait par Lefebvre (1974) s’oppose à
l’espace absolu produit dans le cadre de régimes coutumiers locaux
organisant la vie entière des groupes et constituant pour certains des
« communs fonciers historiques », Dans les pays où elle n’était pas encore
généralisée, la propriété privée s’impose aujourd’hui de façon rapide dans
un processus de mondialisation du droit foncier largement orchestré par les
organisations internationales. Elle s’accompagne souvent, sous les mêmes
influences, de la mise en place de systèmes de gestion communautaire des
ressources naturelles permettant aux Etats de décréter et circonscrire la
mise en communs d’espaces jusqu’alors indivis.
Ces dynamiques foncières contemporaines comme l’accaparement, la
privatisation ou les communs décrétés sont profondément conflictuelles et
remettent en cause la nature même des communs fonciers historiques.
L’approche proposée ici est de partir précisément des conflits qui se
cristallisent autour des communs pour en dessiner les trajectoires
d’évolution. A partir de cas observés au Viêt-Nam et au Cambodge, pays
voisins fort éloignés de l’état de droit, on peut faire le constat que les
technologies numériques transforment ces conflits selon deux axes majeurs :
– en modifiant les modalités de production et de circulation, par la
publication sur des sites non officiel, d’informations foncières,
géographiques ou non, ce qui bouscule le monopole étatique;
– en augmentant les capacités d’action et de mise en réseaux des
acteurs aux différents niveaux (dont l’international) par le biais des
media sociaux et de sites dédiés (sites d’ONG ou de projets, plateformes,
etc.).
De la sorte, Internet a potentiellement agi sur les décisions politiques et
a modifié les rapports de force entre l’Etat et les citoyens. Il n’a
toutefois pas remis en cause la dimension physique et violente des conflits
(évictions forcées, justice inefficace, manifestations réprimées, etc.) et
la question se pose de son rôle dans leur atténuation ou leur activation
(avec l’usage d’internet pour traquer les activistes ou celle des medias
numériques officiels pour diffuser des informations et mettre en place des
processus très encadrés de participation citoyenne). La question se pose
aussi de savoir si les nouvelles formes de mise en commun par Internet
autour du foncier, peu maitrisées au départ par les populations locales, se
traduisent par la production de nouveaux communs tissés autour du foncier
ou favorisent la diffusion de la propriété privée.
Intervenants
Damien Costa Dos Santos, doctorant, UMR Passages
damien.cds(at)gmail.com
Jean-Christophe Diepart, expert et chercheur, Melong Region Land
Governance project
jc.diepart(at)gmail.com
Irène Hirt, Chercheuse, UMR Passages
irene.hirt(at)cnrs.fr
Marie Mellac, Maître de Conférences, UMR Passages
marie.mellac(at)cnrs.fr
Il Oeur, Executive Director, Analyzing Development Issues Centre
iloeur2(at)gmail.com
Neil Sorensen, Communications and Resource Mobilization Specialist, Land
Portal Foundation
neil.sorensen(at)landportal.info

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