Soutenance de thèse Thi Sinh NINH, Le mouvement de la rénovation bouddhique au Tonkin. Le cas de l’Association bouddhique du Tonkin (1934-1945) – 6 décembre 2016

Thi Sinh NINH, Le mouvement de la rénovation bouddhique au Tonkin. Le cas de l’Association bouddhique du Tonkin (1934-1945), Université Aix-Marseille, Ecole doctorale 355: Espaces, Cultures, Sociétés, IrAsia (UMR 7306), thèse d’histoire, dir. Chantal Zheng, co-dir. Phuong Ngoc Nguyen, soutenance le 6 décembre 2016 (sinhninh@gmail.com).

Jury :

Chantal Zheng, Professeur, Université d’Aix-Marseille

Emmanuel Poisson, Professeur, Université Paris Diderot-Paris 7

Zhe Ji, MCD HDR, INALCO Paris

Pascal Bourdeaux, MCD Ecola Pratique des Hautes Etudes

Nguyen Phuong Ngo, MCF HDR, Université Aix-Marseille

Résumé : Dans le contexte colonial, le bouddhisme, une des trois religions principales du Vietnam, était dans une situation critique. Du sud au nord, les appels des moines et des laïcs se font entendre en faveur d’une réforme en profondeur, comme le montre la voie de la rénovation bouddhique dans d’autres pays asiatiques, notamment en Chine avec laquelle les Vietnamiens partagent l’usage des caractères chinois. Fondée le 6 novembre 1934 par décision du Résident supérieur du Tonkin, après celle des associations bouddhiques en Cochinchine et en Annam, l’Association bouddhique du Tonkin (1934-1945) réunit autour de son projet un grand nombre de personnes, issues de classes sociales très différentes, afin d’œuvrer à la rénovation bouddhique dans deux domaines : celui de la forme et celui de l’esprit. Ceci à destinations des fidèles comme des religieux avec l’objectif de rendre le bouddhisme conforme à sa doctrine, et en même temps adapté à la société dans laquelle ils vivent. En bénéficiant de nouveaux facteurs dans la vie culturelle et intellectuelle, notamment l’adoption au début du siècle du quốc ngữ (écriture romanisée), ainsi que le développement de la presse et de l’édition, l’Association bouddhique possède des outils modernes pour une meilleure compréhension et une diffusion plus large vers le public. Elle édite des livres et une revue, Đuốc Tuệ (Flambeau de la Spiritualité, 1935-1945), considérée comme son moyen privilégié pour guider les fidèles dans leur pratique quotidienne du bouddhisme dans un monde moderne. Le bouddhisme d’engagement social, nhân gian Phật giáo, promu par l’association, démontre que la pratique du bouddhisme ne signifie pas seulement de prières, d’aller à la pagode et faire des offrandes. Le bouddhiste moderne c’est celui qui s’engage dans la société de son temps à travers des actions concrètes en respectant les valeurs morales bouddhiques. Par son influence dans la société, l’Association bouddhique du Tonkin est une version moderniste dans le domaine religieux, ce qui contribue à construire le bouddhisme moderne au Vietnam avec un nouveau visage et un nouvel esprit, l’esprit d’engagement social.

The Buddhist revival movement in Tonkin. The case of the Tonkin Buddhist Association (1934-1945)

In the colonial context, Buddhism, one of the three main religions in Vietnam, was in a critical situation. From north to south, under the influence of the movement to revive Buddhism in other Asian countries, especially in China which Vietnamese share characters with, monks and lay people called for an extensive reformation. Founded on November 6 1934 by the decision of the governor of the Tonkin, after the Buddhist associations in Cochinchina and Annam, the Tonkin Buddhist Association (1934-1945) brought together a large number of members, from many different social classes to carry out the Buddhist revival in both aspects, form and spirit, and to address to two subjects, believers and monks, with the aim of bringing Buddhism as a religious consistent with its doctrine and the society which they (believers and monks) were living. Inheriting the new factors in the cultural and intellectual lives, including the adoption of quốc ngữ at the beginning of the century, romanized writing, and the development of the press and publishing, Buddhist Association had the modern tools to explain and spread widely Buddhist teachings for better understanding to the public. It published books and magazine, Đuốc Tuệ (Flambeau de la Spiritualité, 1935-1945), in the national language, considered as its preferred way to guide buddhism believers in their daily practice in the modern world. Social engagement of Buddhism, nhân gian Phật giáo, promoted by the association, meant that the practice of Buddhism was that the modern Buddhists not only prayed, went to the temples, and offered, but also had to engage to their living society, through practical actions in accordance with the Buddhist moral values. Thanks to its influence of the society, the Tonkin Buddhist Association was a unique symbol of the innovation in the religious field, which contributed to building of the modern Buddhism in Vietnam with a new face and a new spirit, the spirit of social engagement.

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