Histoire et sociétés des pays de la Péninsule indochinoise 2, 1er semestre 2014

Histoire et sociétés des pays de la Péninsule indochinoise 2 – 44OE01VT
 
 Programme du séminaire de Master
1er semestre 2014-2015
 
Grégory Mikaelian (CNRS – UMR 8170) et Emmanuel Poisson (U. Paris Diderot – UMR 7219)
 
La double légitimation des pouvoirs aux époques moderne et contemporaine
 
Vendredi de 14 h à 16 h
Salle : 475 C
Université Paris Diderot
Bâtiment des Grands Moulins – Aile C – 4e étage
16 rue Marguerite Duras
75013 Paris

 

Sanctionnée par des dispositifs rituels complexes, la double légitimation des pouvoirs se trouve illustrée en Péninsule indochinoise par de nombreux exemples, singulièrement à partir de l’époque moderne. D’un côté, les royautés bâtissent leur appareil de légitimation sur des classicismes adossés à des cultures d’emprunts d’où sont extraites des cosmologies à vocation universelle (thèmes de l’hindouisation, de la sinisation, ou de la bouddhisation théravadine), ou, plus récemment, sur les grands mythes progressistes de la vieille Europe (démocratie libérale et socialisme). Cela correspond en d’autres termes à la dimension ouranienne du pouvoir, souvent la plus étudiée. D’un autre côté, les pouvoirs n’en fondent pas moins leur autorité sur une dimension chtonienne, en référence à des peuples considérés comme étant sinon les premiers habitants du sol, tout au moins les intercesseurs entre le roi et les forces de la nature (eau, feu, vent), dont dépend la prospérité du royaume. À ce propos, nombre d’auteurs ont évoqué depuis la fin du XIXe siècle les relations particulières qu’entretiennent sur le temps long les rois des plaines avec des individus éminents des hauteurs. Au-delà de la mise en exergue de faits généraux, ils n’ont pas toujours su replacer ces relations dans le procès de construction de l’appareil de légitimation de l’État, ou inversement, en saisir les enjeux (économiques, diplomatiques et symboliques) pour les individus éminents concernés ainsi que les peuples et personnes placés sous leur influence. À travers cet angle d`approche, le séminaire se propose de dresser un panorama des relations historiques (et des historiographies relatives à ces relations) entre les royautés des plaines et les peuples incarnant l’autochtonie – notamment les habitants des hauteurs. Quelques séances consacrées à l’examen des faits insulindiens permettront de mettre en perspective l’exemplum péninsulaire.

 

3 octobre : Grégory Mikaelian (CNRS, Centre Asie du Sud-Est), « Le roi khmer, ses neveux jaraïs, ses dépendants kuoys et poars. Un aperçu de la double légitimation du pouvoir dans le Cambodge du XVIIe siècle ».

 

10 octobre : Paul Wormser (Institut National des Langues et Civilisations Orientales / CNRS, Centre Asie du Sud-Est) « Les relations entre les montagnards et les peuples des plaines à Sumatra du XIVe au XVIIe siècle ».

 

17 octobre : Marie-Sybille de Vienne (Institut National des Langues et Civilisations Orientales, Centre Asie du Sud et du Sud-Est), « Sakai, Sjaih et Sultan : les rémanences de la double légitimation au Brunei, mythographie et rituels ».

 

7 novembre : Philippe Le Failler (École française d’Extrême-Orient), « La Rivière Noire. L’intégration d’une marche frontière au Vietnam ».

 

14 novembre : Vanina Bouté (Université de Picardie / CNRS, Centre Asie du Sud-Est), « Cultes territoriaux et pouvoirs locaux aux marches du royaume de Luang Prabang ». 

21 novembre : François Lagirarde (École française d’Extrême-Orient), « L’autochtonie à travers l’historiographie du Nord de la Thaïlande : Môns, Lawas et Birmans, premiers acteurs des chroniques traditionnelles des Thaïs du Lanna ».

 

28 novembre : Andrew Hardy (École française d’Extrême-Orient / CNRS, Centre Asie du Sud-Est), « Commerce et diplomatie dans les relations plaine-montagne au centre Vietnam : la muraille de Quang Ngai (XIXe siècle) »

 

5 décembre : Elsa Cla (Université de Paris-Diderot / CNRS, Centre Asie du Sud-Est),  « Relations et fonctions des peuples côtiers et montagnards au sein du sultanat de Magindanao-Philippines (XVIIe-XIXe) ».

 

12 décembre : Mathieu Guérin (Institut National des Langues et Civilisations Orientales), « Norodom (r. 1860-1904) et les habitants des hautes terres ».

 

19 décembre : Sylvain Vogel (Chercheur indépendant, membre du LAboratoire de SEmiotique, Linguistique, Didactique et Informatique, Université de Besançon), « Angkor vu par les Phnong ».

 

9 janvier : Emmanuel Poisson et NguyênThi Hai (Université de Paris-Diderot, Laboratoire SPHERE), « Le contact entre les quằngNông de Cao Bằng et le pouvoir central (XIXe-début du XXe s) ».

   

 

 

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