Soutenance d’Amélie Robert (Géographie, Viêt-Nam)

Dynamiques paysagères et guerre dans la province de Thua Thiên Huê (Vietnam central), 1954-2007. Entre défoliation, déforestation et reconquêtes végétales

Amélie Robert a soutenu sa thèse le samedi 3 décembre à 14 h à l’Institut de Géographie (191 rue Saint-Jacques, 75005 Paris), Grand amphithéâtre

Résumé

La guerre du Việt Nam mit la forêt au cœur des enjeux militaires. Nées des controverses sur les conséquences environnementales des épandages d’herbicides, des hypothèses ont émergé sur les impacts de cette pratique : différentiels selon les unités paysagères, aggravés par les perturbations anthropiques antérieures et postérieures à la guerre. Relevant de la biogéographie, l’analyse géohistorique confronte des sources souvent divergentes et privilégie les princeps pour reconstituer, à des dates clés, les paysages d’une province au cœur du conflit. L’état actuel de partition en trois unités – plaine, collines et montagnes – révèle le lien entre perturbation et accessibilité. Circa 1954, les pratiques précoloniales et coloniales avaient déjà perturbé les écosystèmes, de manière croissante des montagnes vers la plaine. Les impacts d’une guerre dirigée contre le milieu furent directs et indirects. Après-guerre, ils furent aggravés par les pratiques civiles, qui bloquèrent la reconquête spontanée et provoquèrent déboisements et déforestations ; la pression s’accrut dans les collines et les montagnes, plus affectées par la guerre. Depuis circa 1990, les décisions politiques ont placé officiellement la forêt entre protection et développement mais elles se heurtent aux nécessités du développement économique. La reconquête, dirigée, accélérée par la plantation d’espèces à croissance rapide, est engagée dans des sylvosystèmes perturbés et épargnés par la guerre. Aujourd’hui, dans les trois unités paysagères, les zones défoliées ne sont pas identifiables : cicatrisation, poursuite du recul des forêts surtout ont fait leur œuvre. Restent visibles les géofaciès de cratères et les anciennes bases militaires américaines. La conjugaison des perturbations empêche l’identification du strict impact actuel de la guerre et relativise celui-ci ; plus affaiblis sont les sylvosystèmes de la plaine qui, moins touchés, subissent une forte pression séculaire.

Mots clefs

Guerre du Việt Nam – Forêt – Herbicides – Impacts différentiels – Perturbations anthropiques pré-guerre – Perturbations anthropiques post-guerre – Biogéographie – Analyse géohistorique – Déboisements – Déforestations – Reconquête spontanée – Plantation

Jury

Jean-Paul AMAT, Professeur, université Paris-Sorbonne, directeur de thèse
Antoine CHAMPEAUX Lieutenant-colonel, docteur en histoire, SGA/DMPA
François FROMARD Directeur de recherche, CNRS, EcoLab
Micheline HOTYAT Professeur, université Paris-Sorbonne
Marie MELLAC Maître de conférences, université Michel de Montaigne, Bordeaux
Jean-Yves PUYO Professeur, université de Pau et des Pays de l’Adour

Contact : samiamell@aol.com

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