Soutenance d’Hedwige Multzer O’Naghten (Histoire, Cambodge)

Les fondations de Jayavarman VII : l’aménagement d’un territoire et son interprétation historique et religieuse

Hedwige Multzer O’Naghten, étudiante à l’université Sorbonne Nouvelle – Paris 3 sous la direction de Mr. Michel Jacq-Hergoualc’h, a soutenu sa thèse de doctorat le 7 décembre 2011 à 14 heures, à la Maison de la recherche, 4 rue des Irlandais, 75005, Paris.

Le jury était composé de Monsieur Jacq-Hergoualc’h, de Madame Edith Parlier-Renault (professeur à l’université Paris – Sorbonne. Paris IV) et de Monsieur Bruno Bruguier (maître de conférences à l’EFEO).

Résumé

Depuis plus d’un siècle, le règne de Jayavarman VII ne cesse de fasciner les chercheurs par son indéniable originalité. Premier roi ouvertement bouddhiste, sa puissance politique et militaire s’accompagne aussi d’une profonde mutation des idées et d’une créativité artistique bouillonnante qui confère une dimension hors du commun à son époque. Au rythme des découvertes qui s’accumulent et constituent un matériau archéologique d’une ampleur inégalée, les publications se multiplient, mais elles demeurent souvent spéculatives, échafaudées sur des hypothèses d’écoles qui, faute d’être contestées, se transforment en dogmes, adoptés et répétés au fil du temps, pour finalement donner l’impression inexacte que ce règne est parfaitement connu. C’est ce constat qui nous a amené à aborder l’étude du règne de Jayavarman VII sous des approches différentes, à partir d’une analyse de son historiographie axée sur une exégèse critique des publications.

Cette thèse se fonde sur l’étude des matériaux archéologiques, attribués, en quantités considérables, au règne de Jayavarman VII, et appréhendés comme les éléments d’un système relevant d’un même déterminisme, celui de l’organisation de l’espace par l’autorité royale. Cette approche permet de mettre en lumière les principes directeurs de l’aménagement du territoire qui reflètent des impératifs dictés par la gestion administrative et sociale d’un pays, mais peuvent également satisfaire à d’autres exigences telles que le respect d’un modèle cosmico-religieux, les orientations personnelles du souverain ou encore le facteur économique.

Derrière le souverain khmer et bouddhiste, Jayavarman VII, deus ex machinade son royaume, instigateur et catalyseur de toute politique, c’est le bouddhisme qui se révèle être le véritable inspirateur de ses actes, permettant de mieux comprendre certains des aspects atypiques de son règne, qu’il s’agisse de l’exercice du pouvoir ou de la composition architecturale des grands monuments.

Jayavarman VII’s foundations : The organization of a territory and its historical and religious interpretation

For more than a century, the reign of Jayavarman VII hasn’t ceased to fascinate researchers by its irrefutable originality. First king openly Buddhist, his political and military power was also accompanied by a profound change in the ideas and by an exciting artistic creativity ensuring an extraordinary dimension to his era. Following the progress of the discoveries as they build up and represent an archeological material of unprecedented scale, publications multiply, but they remain often speculative, based upon theories, that as they stay unchallenged, consolidate and transform into dogmas, adopted and repeated over time, finally giving the wrong impression this reign is perfectly well known. This observation brought us to address this reign under a different angle, after retracing the historiography focused on a critical exegesis of the publications.

This thesis is based upon the study of archeological material, all attributed to the reign of Jayavarman VII and treated as the items of a system following the same determinism, the organization of space by the royal authority. This approach has high lightened the guidelines of the land use planning that reflect the needs of the administrative and social management of a country, but also other requirements such as the respect of a cosmic religious concept, the king’s personal preferences or the economic factor.

Behind Jayavarman VII, who appears as the “Deus ex machina” of his kingdom, the initiator and catalyst of all policy, it is Buddhism that proves to be the real inspiration of his actions and leads us to understand better certain atypical aspects of his reign, regarding the exercise of power or the architectural composition of the great monuments.

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